Des questions que je me pose et qui appellent vos réponses ! Merci

  • Par Jak1917
  • Le 13/06/2017
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Quelques questions que je me pose en tant qu’homme, européen, belge, non engagé dans une religion et partie prenante dans la lutte contre les mutilations génitales féminines.
Mes questions ne mettent pas en cause les religions, quelles qu’elles soient puisqu’il est reconnu très largement que celles-ci n’ont pas de rapport avec les MGF.
Je les pose aux victimes des MGM, aux exciseuses, aux hommes des pays où elles se pratiquent et qui sont concernés en tant que fils, fiancés, maris, pères de femmes ou filles ayant subi l’excision avec infibulation.
Je les pose aussi aux personnes ayant étudié ces questions de par leurs statuts scientifiques, professionnels ou encore aidant(e)s bénévoles sur le terrain, de nos plannings familiaux aux pays d’origine des personnes victimes.
Je les pose aussi à mes ami(e)s d’origines Dijboutienne, Somaliennes et autres des divers pays de l’Afrique de l’Est où les mutilations s’accompagnent de l’infibulation.
On sait que la plupart des femmes de l’est de l’Afrique sont infibulées vans le mariage, parfois après la cérémonie ou les grossesses terminées elles sont parfois même recousues. L’objectif de l’infibulation est de garantir la virginité de la future épouse et sa protection par la suite dans certains évoqués polus haut.
En ce qui qui concerne la désinfibulation, juste avant la nuit de noce il y a plusieurs méthodes connues dont la plus terrible est sans doute celle offrant au jeune marié la possibilité avec un couteau « d’ouvrir » lui-même sa femme avant de la pénétrer, de la déflorer. Ce qui doit être très douloureux pour la jeune épouse. On dit aussi qu’un peu avant la cérémonie de mariage l’épouse est « préparée » par les femmes, on ne dit pas comment mais on peut supposer qu’elle est décousue plus proprement, avec moins de souffrances puisque cette préparation dure parfois quatre jours.
Est-ce que le « jeune » marié est préparé à cela, est-ce que quelqu’un lui explique ce qu’il faut faire ? Les hommes plus anciens ? Les femmes ? Dans sa conception à lui, et là je m’adresse aux plus jeunes hommes des pays concernés, sa femme doit-elle arriver vierge à la nuit de noces, comment conçoit-il la désinfibulation ?
Quel est aussi l’avis des femmes qui vont subir cette nouvelle opération parfois à vif après qu’elles aient vécu tant de souffrance depuis leur excision/infibulation d’origine.
Je suis peut-être un peu fleur bleue, je crois, naïvement sans doute, que pour se marier il faut au minimum s’aimer, apprendre à se connaître, y compris intimement. Je sais quand même qu’en Afrique (et pas rien que sur ce continent) les mariages sont souvent arrangés, l’amour n’est qu’une illusion, une façade pour faire bien, les mariages sont de raison et servent à maintenir les systèmes en place et le droit des femmes est nié au point d’en devenir loi.
Je me dis que l’amour ça peut concerner tout le monde, un belge pur blanc, peut être amoureux d’une jeune Djiboutienne, Egyptienne, Somalienne et vouloir l’épouser. Les sentiments ça existe il me semble. Toutes les jeunes femmes ne sont pas « promises » à des vieux riches, à des « marchés », d’autant plus en Europe et dans d’autres pays où séjournent nombre de personnes ayant fui leurs pays pour justement des raisons en rapport, la peur de voir exciser leurs filles, la peur des mariages forcés. Est-ce que l’on connait des exemples de mariages « mixtes » impliquant des femmes qui ont été excisées et infibulées, comment cela s’est-il passé ?
Nombre de mes amis sont en Belgique depuis une vingtaine d’années, quand ils sont pères et mères de garçons ils poussent un « ouf » de soulagement, c’est moins évident d’avoir une fille, même s’ils vivent en Belgique, sont devenus des belges à part entière, elles et ils craignent le retour au pays, la pression familiale (à Djibouti malgré les campagnes officielles et autres contre les MGF 95 à 97 % des fillettes sont encore victimes des MGF. Des familles qui craignent aussi la venue d’exciseuses sur le sol belge. Nous avons un système légal pour protéger (sur papier) les filles des MGF mais la tradition est tenace.
D’ici deux ou trois générations il y aura de plus en plus des « unions » mixtes et c’est un bien, comment les femmes et les hommes originaires des pays d’Afrique de l’Est vont - elles et ils - vivre cela ?
Je crois que c’est important aussi d’en débattre sereinement entre belges de souche (je n’aime pas cette formule), du moins au niveau de celles et ceux qui s’impliquent dans la lutte contre les MGF.

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