Est-ce vraiment "une affaire de femmes" ?

Quand en 2007 j'ai appris l'existence des MGF mes interlocuteurs djiboutiens hommes m'ont averti que c'était un sujet tabou, que c'était des afaires qui ne concernaient que les femmes, que c'était une tradition et qu'il valait mieux ne pas aborder le sujet. Mon esprit naturel de contradiction fit que, quelques mois plus tard à Liège, mon association LîDjibouti mit sur pied une conférence publique traitant des MGF, conférence qui fut suivie le soir-même par la création du Collectif dans lequel nous sommes maintenant assez nombreux femmes et hommes de Djibouti et de Liège, du monde entier et de Belgique et ce site en est une des manifestations les plus visibles.

Les MGF ne sont plus un sujet tabou et peu à peu des hommes, pas tous certes, se sont impliqués et s'impliquent sur le terrain et ailleurs contre ces mutilations. On ne dit plus maintenant que c'est un problème strictement féminin.

Je veux ici reprendre en les copiant les mots de présentation du mémoire qu'à consacré Manuella Gonçalvez à l'Université de Nantes, en classe de sages-femmes, en 2006 .

"Depuis la nuit des temps, l'époque néolithique, puis pharaonique, jusqu'au 3ème millénaire, une pratique inimaginable a été créée par l'homme et réalisée par les femmes contre les femmes : les mutilations sexuelles féminines !"

Juste en dessous il y a une citation de S. Auffret, extraite de son livre "Des couteaux contre les femmes" préfacé par Benoîte Groult, datant de 1982 aux Editions des Femmes à Paris, il me semble qu'elle apporte une lumière supplémentaire à ce qui précède et peut servir de base au débat auquel je vous invite à participer ici...

"Losqu'une coutume traverse les ethnies, les classes sociales, les formations économiques, les religions, les continents.... Ce n'est plus une coutume, c'est une politique. Admettons qu'une coutume ne se juge pas, du moins de l'extérieur, une politique inversémlent se juge et se combat de "l'extérieur" comme de "l'intérieur".

C'est un petit peu aussi, par ce biais, savoir où nous en sommes entre animateurs, lecteurs, visiteurs du site, entre acteurs concernés directement ou non dans leur chair par les MGF, issu-e-s des pays d'origine, sensibilité-e-s ou non... Une manière comme une autre "d'accorder nos violons" pour lutter plus efficacement contre les MGF. L'occasion de dialoguer, femmes - hommes, qui commence ?

Commentaires (6)

AIlleltopemy
  • 1. AIlleltopemy (site web) | 12/08/2017
By dealing together, the two of you can address problems of self-esteem and mutual trust. However, it is important to obtain the doctor's opinion first before you take these oral medications as these would have negative side effects for the body.
jeabuck
  • 2. jeabuck | 26/03/2017
Good site: http://tadalph24.com ;; http://sildph24.com
Jak1917
[urlhttp://www.cairn.info/revue-autrepart-2009-4-page-13.htm][/url]
Cette étude est en rapport direct avec l'intitulé du sujet de ce post, il nous donne un aperçu de la situation à Djibouti où le taux de prévalence des MGF reste très haut malgré leur interdiction aux termes de la Loi, malgré diverses campagnes pour les faire cesser. Ce serait bien que nos ami-e-s Djiboutien-ne-s réagissent sur ce blog.
Jacques CHEVALIER
  • 4. Jacques CHEVALIER | 22/04/2016
http://www.strategiesconcertees-mgf.be/kadra-fahra-gams-belgique/
ce lien c'est un article-interview d'une des collaboratrices d'origine Djiboutienne du GAMS Belgique, lisez le, je trouve qu'il est en apport avec mon texte soumis à débat sur ce blog.
Chantal PUIG
  • 5. Chantal PUIG (site web) | 22/04/2016
Il est bien évident que cette coutume se transmet de mère en fille, que les mutilations sont pratiquées, dans la majeure partie des cas, par les femmes.
Le but, c'est tout de même une "fidélité forcée" dont les hommes sont les bénéficiaires.
Les parents en tirent également avantage puisque cela leur permet d'échanger leur fille intacte contre quelques chèvres, chameaux ou tous autres présents leur permettant d'améliorer l'ordinaire...
La solution passe à mon avis par l'Education pour toutes et tous. L'apprentissage d'un métier permettra aux filles d'être autonomes et de ne pas compter sur un mari pour subvenir à leurs besoins.
Chantal
Jacques CHEVALIER
  • 6. Jacques CHEVALIER | 22/04/2016
Je précise que l'on peut lire le mémoire de Manuelle Goncalvez cité dans l'article dans notre page de documentation en cliquant :
http://www.clmgf.be/pages/documentation.html

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