BEAUX TEXTES

Nouveautés 2017

 

Savais-tu que tu la portais,
Cette perle que l'on t'arrache?
Savais-tu que tu faisais peur,
Déesse?
Le savoir t'inonde les jambes,
La souffrance te donne un nom :
Ô Femme.
Pour enseigner qu'un vaut plus qu'une.
Il faut un fardeau de faiblesse,
Un sceau,
Pour donner aux mâles peureux
Une compagne clé sur porte.
Ils ont raison, 
Car un jour nous éduquerons 
Au courage, autant que nos filles,
Nos fils,
Et ce jour nous nous moquerons
Des idoles sanglantes,
Et nous mettrons au monde
Des Dieux.

Anne André


 

 

Mon bébé, ma petite fille, 
tu me souris, 
Mon bébé, ma petite fille , 
quatre ans déjà
que mon cœur est conquis

tes poupées traînent sur les pavés ,
le ciel de Guinée n'a jamais été aussi beau 
qu'en cette fin d'été
ta maman chante la vie et son ventre arrondi 
Alléluia

Le ciel s'est assombri quand les vieilles sont entrées
Le ciel s'est assombri quand les vieilles ont grondé
mon bébé, ma petite fille
où t'es tu donc cachée ?
Maman ne chante plus
et moi, je ne sais plus, je ne sais plus ... !

faut il vraiment blesser cette enfant
pour qu'elle devienne femme ?
Faut il vraiment cela
pour son bien
pour son bien ?

Les vieilles sont fâchées, leurs bouches tordues crachent
comment oses tu ? Tu le sais que 
c'est pour son bien
c'est pour son bien !

Pour être propre, finie, pure
pour trouver un mari
pour fonder un foyer qui dure
toute la vie
être de notre communauté
reconnue digne dans la société !

Mon bébé, ma petite fille, 
elles t'ont retrouvée, ont pris ta main et ta poupée
t'ont emmenée sur le chemin sacré

ma jolie petite fille, 
terrifiée, immobilisée
grondée 
le sang coule sur 
tes cuisses potelées
de bébé

le sang coule, sans s'arrêter,
sans s'arrêter, sans s'arrêter,

Mon bébé ma petite fille 
ta maman pleure,
Mon bébé ma petite fille, 
où es tu donc cachée ?
Tes poupées sont là, qui t'attendent
Où es tu ?
Je suis perdu, perdu
Le ciel de Guinée n'a jamais été aussi beau!


paroles:Francine Mathus
Musique et interprétation: d'Hax Achille Mboungou

 

Traditions    (version chantée par un homme)

 

Ôoooh,  belle  guinéenne de ce beau pays !            

 Guinée mon amour,  Guinée  ma patrie                     

Guinée ma maison,  Guinée ma fratrie

Guinée des traditions, c'est bon, c'est bon !

Ôoooh,  belle  guinéenne, tu es née dans la forêt

t'en connais les moindres secrets 

Comment traiter l'anacardier

 Ou employer le beurre de karité

Cuisiner le manioc en purée, le kagna, le poisson grillé

Recettes de tes grand-mères

passées par tradition , surtout  ne rien changer

c'est bon de se régaler !!

REFRAIN

Dans la petite école de Nzérékorté

un maître sévère et bon t'a appris à compter

et  plus tard, à l'université de Labé

une licence de mathématique tu es allée chercher

T'étudies jour et nuit , tu y mets ta fierté

Ce diplôme, avec grand' dist', tu vas le décrocher !

Pour toi et ta mère qui s'est battue pour ton instruction

avec détermination, car dans les familles

l'école était , par  tradition,  réservé aux garçons !

REFRAIN

tu rêves  ta vie, ingénieure ingénue

construisant ponts,  barrages et rues

pour mieux circuler dans ton beau pays,

Tu en parles  à ton père , mais il  te dit :

« arrêtes tes chimères, j' t'ai trouvé un mari »

Demain tu l'épouses, sois heureuse il est gentil !

Je suis ton père, je décide de ta vie, c'est la tradition

J'dis qu' c'est bon, c'est bon !

REFRAIN

T'as rien compris quand il a dit : «  pour le mariage, faut la purifier »

tu pensais juste devoir confesser

 tes petits péchés, tes vilaines pensées

Mais t'avais tout faux, ta mère t'a expliqué : « faut t'exciser !

Je suis désolée, je peux pas t'aider, ,,,

c'est la tradition »

OH non ,non, non

t'as eu beau pleurer, supplier, rien ne l'a fait plier !

 Mon père , écoute-moi ! Comment peux tu penser

 que tu sauves ma dignité !

Excision, mutilation ! ! Non, non non!  Refusons !

la tradition n'a pas que du bon !

REFRAIN

t'as oublié ton rêve, tu es rentrée dans le rang

ton   mari n' est pas  gentil, mais pas vraiment méchant

tu es à lui, ton ventre et tes bras aussi

à son service , et aux ordres de belle-maman

c'est la tradition,

 c'est bon ? Non , non !

Douloureusement tu as compris ce qu' »ils »  voulaient  que tu sois,

Et que peu leur  importe si ton cœur se noie !

Car savoir  qui tu es,  ne les intéresse pas !

........

Mais qu'est ce qui fait peur  aux hommes

pour que partout sur cette terre, ils  veulent  vous enfermer,

 vous mutiler, vous exploiter, vous dominer

ô  vous les femmes, ,,, qui ne voulez que les aimer ! 

,

Un texte de Modibo Sangaré trouvé sur le net...

Pourquoi elle ?

Ha mais oui ! Vielle Dame.

Mais oui vieux forgeron.

Je sais que c’est notre tradition.

Mais oui je sais que notre coutume.

Mais la coutume, la tradition

Sont-elles plus importantes que la santé.

Les accouchements difficiles,

Les retentions urinaires,

Ne sont ils pas des séquelles

De notre tradition

Ne sont ils pas des inconvénients

De notre coutume.

Mais alors pourquoi l’excision ?

Si elle est néfaste ?

Aidez nous à dire non.

Aux MGF.

 

                       Modibo Sangaré

 

Une vidéo poétique (en anglais) de Amy Acre sur le canevas des FGM, c'est assez surprenant...

Clic sur : https://www.youtube.com/watch?v=ywIxyz04ejw

Un texte d'Elie Mangoubi

La barbarie de l’excision


Elle avait été soumise à l’excision
Par un rituel barbare, une tradition
Millénaire encore vivante de nos jours
Qui l’avait traumatisée et tourné l’amour
En d’abominables douleurs. Elle subissait
Le martyr dans sa chair, son esprit marqué
A vie par la cruauté, le désir de domination
Des hommes qui infligeaient la crucification,
La souffrance encore de nos jours à ses soeurs
Liées dans le sang par des êtres sans coeur.
Elle se battait pour changer les traditions
Pour que ses fillettes soumises à l’ablation
Gardent l’espoir, la foi que la servitude
Serait abolie. Elle avait l’absolue certitude
Que les femmes gagneraient ce combat
Contre l’ignorance et la barbarie içi-bas.
Le sang pure de toutes les martyrisées
N’aura pas été versé en vain, la liberté
A l’horizon sera transmise et préservée 
Sans douleur par les fillettes libérées. 

Malika Hamidi

Malika Hamidi est Doctorante en Sociologie à Paris et Directrice Générale de European Muslim Network à Bruxelles, un texte écrit pour la journée internationale Tolérance zéro aux MGF du 6 février 2012 :

Ce 6 février 2012, à l’occasion de la journée internationale de « Tolérance zéro Excision ou Mutilations Génitales Féminines », le monde entier se mobilise avec espoir et détermination pour l'élimination définitive de la pratique de l'excision, injustement attribué à l’Islam. Pourtant, les communautés musulmanes ont condamné et légiféré cet acte avec conviction au nom de l'esprit du Coran qui recommande la tolérance et qui protège la vie.

À cette occasion, les manifestations et les campagnes de sensibilisation se multiplient sur ce sujet perçu encore comme tabou et délicat.

Avec les flux migratoires, l’excision est malheureusement devenue une réalité européenne qui menace désormais chaque année des milliers de jeunes filles de Paris à Berlin en passant par Rome, Amsterdam et Bruxelles. Environ 500 000 femmes excisées vivent en Europe, selon le Parlement européen, et chaque année, près de 180 000 femmes subissent cette pratique, parfois même sur le sol belge.

Quand les « leaders religieux » dénoncent et découragent la pratique des MGF

Cette condamnation puise sa légitimité dans un retour aux sources de la jurisprudence islamique. Pourtant dans certaines communautés musulmanes d’Afrique, l'excision continue de faire l’objet de débats parfois houleux, passionnés et contradictoires entre les partisans et les adversaires de cette tradition.

La majorité des savants, à l’instar de Muhammad Rashid Ridha qui avait émis une Fatwa en 1904 déjà, sont formels et s’accordent pour dire que les chaînes de transmission des ahadiths relatives à l’excision sont faibles, d’authenticité douteuse et ne peuvent faire force de loi.

Aujourd’hui, les savants sont unanimes sur la nécessité d'abandonner cette pratique aux conséquences tragiques sur les plans médicaux, psychologiques et sociaux.Au cours de l'année 2010, deux événements majeurs ont permis d’immenses progrès sur le traitement de cette question taboue :

Le forum de la pensée islamique et du dialogue entre les cultures a rassemblé une trentaine de savants qui ont débattu pendant deux jours sur le thème des MGF en Mauritanie. Rappelons que déjà en 2006, le grand mufti d’Egypte, Dr. Ali Gomaa et dix autres éminentes figures du monde musulman, ont, ensemble, tranché la question. L’université Al-Azhar du Caire, plus haute référence religieuse du monde musulman, a édicté une fatwa contre les mutilations génitales féminines, qualifiées de « crime contre l’espèce humaine » ;

En mai 2010 se tenait un colloque au Mali, dont l'objectif était de rédiger une déclaration (dite de MOPTI) qui rappelait trois appréciations essentielles de l'Islam à l'endroit des personnes afin de dénoncer cette pratique, à savoir que l'Islam prône le respect du corps, de la religion et des biens de l'âme, aussi bien pour l'homme que pour la femme.

Une responsabilité double et mutuelle

La problématique de l’excision est un sujet socioculturel sensible et complexe qui ne saurait être évoqué sans une extrême prudence et beaucoup d’habileté pour obtenir des résultats concrets à terme. En Europe, les secteurs médicaux et sociaux de la société civile ont, d'ores et déjà, pris à bras-le-corps cette problématique. La prévention ainsi que la prise en charge médico-sociale des femmes déjà excisées se sont accrus ces dernières années.

Toutefois, cela ne sera véritablement efficace que si les acteurs religieux sont pleinement impliqués et associés aux actions visant à y mettre fin : la promotion pour l'abandon de la pratique de l'excision ne peut se faire sans l'implication constructive, critique et réelle des organisations musulmanes actives sur le terrain qui doivent se sentir interpellé dans cette lutte.

D’autre part, un grand nombre d'organisations de la société civile ainsi que les Gouvernements européens s’engagent sur le terrain depuis quelques années en apportant un soutien médico-psychologique aux victimes et en légiférant sur la question ; malheureusement ils oublient trop souvent d’agir de concert avec le tissu associatif musulman et les responsables religieux.

En Afrique, les imams et les ONG (Organisations Non Gouvernematales) débattent de cette question et s'engagent ouvertement pour combattre cette pratique. Cet engagement porte ses fruits car le travail d'information et de sensibilisation sur le plan de la santé est doublé et justifié à partir d’arguments en provenance des hautes sphères de références religieuses unanimement respectées dans cette partie du monde.

Il est du devoir des Gouvernements européens et des ONG d'impliquer les responsables et acteurs religieux tant sur le plan politique qu’au niveau des actions à mener sur le terrain et de travailler main dans la main et sensibiliser les populations à risque avec des spécialistes en médecine pour expliquer les conséquences nuisibles de cette tradition.

Enfin, la connaissance et l'éducation sont des armes incontournables pour lutter contre cette pratique traditionnelle. Nos imams peuvent véritablement jouer le rôle de leader d'opinion dans cette lutte en faisant un travail de sensibilisation auprès des parents en plein cœur des mosquées européennes : éduquer, sensibiliser et appuyer chaque argument par le texte sacré permet de faire reculer l'excision.

En Afrique, le fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) a reconnu et félicité le travail des dignitaires religieux en collaboration avec les ONG. L'expérience africaine est un bel exemple : le travail collectif mené avec les autorités sanitaires et les acteurs religieux ont un impact important auprès des interlocuteurs qui se sentent en confiance face à la parole sacrée.

Il ne peut être question de « forcer » l'abandon de cette pratique par la répression uniquement, il faut en outre et surtout éduquer les gens pour qu’ils s'impliquent en connaissance de cause et parviennent progressivement à se détourner de cette tradition.

Les victoires sont fragiles et c'est une lutte de longue haleine qui s'annonce, mais le temps est venu pour les communautés musulmanes, l'Europe et les ONG de prendre leurs responsabilités et de pallier aux manquements des uns et des autres par un travail collectif afin d'éradiquer un acte aussi blessant que traumatisant sur le plan physique et psychologique. Il est à souhaiter que le discernement et la remise en question mutuels l'emporteront pour le bien être de millions de femmes, de petites-filles et de l'humanité…

Beaux textes...

En poésie, en chansons, en écriture, nous vous proposons dans cette rubrique des mots à lire sur le thème général des mutilations génitales féminines, n'hésitez pas à nous envoyer des autres textes, peut-être les vôtres, que nous publierons sur cette page.

Voici pour ouvrir la page le texte d'une chanson de Jeanne CHERHAL

Il suffit que tu te réveilles
Un jour à peu près ordinaire
Pour que résonne à tes oreilles
Comme un écho des millénaires
Il suffit d'un matin trop tôt
Pour que le monde dorme encore
Tu ne connais pas bien les mots
Tu ne connais pas bien ton corps

On dirait que c'est normal

Il suffit que tu aies six ans
Pour ignorer ce qui va suivre
On te couvre de satin blanc
Tu dénoues tes cheveux de cuivre
On te dit "Fille tu es mûre
Alors on va te purifier"
Ça alors tu étais impure
Tu deviens glaise pétrifiée

On dirait que c'est normal

Il suffit d'une douleur telle
Que tu n'en as jamais connu
Pour savoir que tu es mortelle
Si tu ne t'en souvenais plus

Mais le pire et ça suffira
La femme qui te guillotine
Vit avec cette douleur-là
Depuis qu'elle est toute gamine
C'est comme ça, c'est la tradition
Mais qui es-tu pour avoir si mal ?
Tu es là tu es des millions

Et on dirait que c'est normal

 

Une chanson de notre amie Claude MICHEL :

Bien caché pour pas qu’on le blesse
Il n’est fait que pour la tendresse
Il ne vit que pour les caresses
Le clitoris
En nous fait naître le désir
Et comme un rien le fait frémir
Nous fait monter jusqu’au plaisir
Ooohhh...

C’est pour çà qu’au sein d’ leur famille
Chaque jour des milliers d’petites filles
Que l’on excise, que l’on mutile
Sont privées d’çà.
On le fait au seuil de l’enfance
On profite de leur impuissance
On n’parle pas de leur souffrance
Aaahhh!!!

On les tient, on les écartèle
On les coupe d’un tesson d’ bouteille
On coud pour qu’elles restent pucelles
Ces lèvres-là.
Ce n’est qu’au soir de leur mariage
Quand elles seront dans la fleur de l’âge
Qu’au couteau on fera un passage
Aaahhh!!!

Comme le plaisir, c’est plus pour elles
C’est sans doute vrai qu’elles seront fidèles
Qu’elles feront des épouses modèles
Pour qui aime çà.
On nous parle de la famine
Du Chili et de l’Argentine
Mais parce qu’il ne s’agit que d’gamines
Jamais de çà
Aaahhh!!!

Pour celles qui demain s’ront mutilées
Pour toutes les femmes excisées
Femmes cousues, femmes coupées
Je veux crier.
S’il n’y a rien d’autre à faire
Je peux cesser de me taire 
Dire cette blessure dans ma chair
Je peux hurler ma colère
Aaahhh!!!

 

La chanson de l'excision...

Un bien beau texte à découvrir :

http://sunukaddu.com/la-chanson-de-lexcision/

Catherine FOL est cinéaste au Canada elle a écrit ce texte le 12 novembre 1994... à méditer !

EXCISION : SOMMES-NOUS INCAPABLES DE PORTER UN JUGEMENT ÉCLAIRÉ ?

Fol, Catherine 

On savait que l'excision du clitoris de fillettes avait lieu au Canada mais on apprenait dernièrement, suite au XIVe Congrès mondial de gynécologie et d'obstétrique qui se déroulait à Montréal, qu'il y avait de plus en plus de petites filles qui en étaient victimes. Oups ! Pardon, je porte ici un jugement de valeur. Je reprends : «... de plus en plus de petites filles qui en font l'objet ! » C'est, comment dire... plus objectif !

Il semblerait que l'excision soit une pratique acceptable et même souhaitable dans certaines cultures. Ayons l'esprit ouvert. Nous avons pris l'option, comme société, d'accueillir des étrangers en respectant leurs valeurs, en acceptant la liberté culturelle et religieuse de chacun ; le choix de la tolérance, même si nous ne comprenons pas toujours les raisons qui motivent certaines actions. C'est une décision qui nous honore.

Mais est-ce une raison suffisante pour accepter que des petites filles se fassent charcuter le sexe? Non, bien sûr. L'excision est d'ailleurs interdite au Canada. Alors pourquoi y en a-t-il de plus en plus? Qu'est-ce qui nous empêche d'intervenir, de prévenir avant qu'il ne soit trop tard et qu'on ne puisse que constater les blessures?

Le ministre canadien de la Justice a fait savoir ce printemps que le code criminel ne serait pas modifié pour interdire l'excision. Je m'interroge. Serait-ce du sexisme? Non mais les gars, si une pratique culturelle étrangère visait à zigouiller le pénis des petits garçons, on peut imaginer que le gouvernement se déciderait à gouverner, non?

Et puis peut-être pas. Nous serions peut-être assez « ouverts », comme société, pour laisser faire aussi la mutilation des petits garçons. Soit ! N'empêche, pourquoi avons-nous tant de mal à porter un jugement ferme du genre : c'est acceptable ou c'est condamnable ?

Dès qu'un événement de ce type vient nous interpeller, dès que nous sommes à la veille de porter un jugement radical, on nous brandit la Charte des droits ou les fameuses circonstances atténuantes : les moeurs pour l'excision, l'Islam pour le hijab ou la virginité pour la sodomie !

Nous sommes quand même une drôle de société; où les pédophiles s'interrogeront à savoir s'il est moins grave de pénétrer ou de sodomiser des fillettes, et dans la maison voisine, des parents qui se demanderont s'ils doivent habiller leurs marmots avant de les photographier à la sortie du bain !

Il est paradoxal qu'une société qui, hier encore, tranchait au couteau le bien et le mal, le paradis et l'enfer, ne soit plus en mesure de porter un jugement éclairé. Que se passe-t-il donc dans notre beau royaume du Québec? Aurions-nous perdu l'usage du bon sens? Ou peut-être, comme disait l'autre, sommes-nous de plus en plus nombreux à croire plus intelligent de prêter foi à ce qui dépasse notre entendement ( ce qui revient au même ) !

On entend souvent dire que les Québécois sont ambigus. C'est une épithète plutôt sympathique. Et si derrière cette soi-disante ambiguïté se cachait en réalité un manque de jugement, une incapacité à prendre des décisions, à assumer ses responsabilités? Aïe ! Non mais regardons-nous en face et n'oublions pas notre histoire ! Il n'y pas trente ans, l'Église décidait tout à notre place. Dieu était le seul juge et on réglait le cas des questions essentielles en répondant : « Il ne faut pas chercher à comprendre, c'est un mystère. » La belle affaire !

Donc, nous ne serions pas ambigus mais plutôt incapables de porter un jugement éclairé. Nous aurions appris, depuis peu, à réfléchir, mais pas à assumer la responsabilité de nos réflexions. Nous sommes incapables de condamner l'excision comme une mutilation criminelle ou encore, incapable de dire oui ou non au port du hijab...

Pourtant, les Québécois de souche, ( comme on dit ), sont nombreux à avoir souffert des moeurs religieuses. Je repense à ces jeunes des années 60... Ils ont rejeté si radicalement la religion catholique ; comment peuvent-ils accepter aussi ouvertement les religions des autres, avec toutes les souffrances qu'elles engendrent?

Où sont-ils, ces jeunes d'antan? Ils sont au pouvoir, justement!

On dit qu'en vieillissant, on devient plus tolérant. Tolérant ou indifférent? On dit aussi que le Québec est une société vieillissante...

Un magnifique texte de notre amie Céline VERBROUCK

Céline Verbrouck est la fondatrice de l'asbl INTACT

Cliquez sur sa photo pour lire son magnifique texte :

Celine v

Edouard KEITA JAPF (poète Malien)

Je ne suis pas d accord

Pourquoi l’excision ?

Dites non à cette pratique néfaste partout dans le monde.

Est-ce ma faute si je suis née fille ?

Ai-je fais quelque chose pour cela ?

Pourquoi dois-je donc souffrir ?

Au point d’espérer être un garçon ?

A cause de mon identité biologique

La société a décidée et déterminée

Que j’allais souffrir

Je ne suis pas d accord

Pourquoi l’excision ?

Dites non à cette pratique néfaste partout dans le monde.

Jour après jour, je me méfie de mes explorateurs,

Ceux qui se délectent des mariages précoces,

Qu’ils maquillent en bonne éducation,

Ceux qui abusent de moi,

Et font croire à l’amour,

Ceux qui violent mes droits,

Et disent que c’est de ma faute,

Mon voyage vers ma maturité est pavé de peur, de culpabilité et d’incompréhension

Quand je vois la société prête à violer mes droits,

Quand ils me disent : « C’est l’heure de l’excision »,

Mon cœur tressaillit

Ma peau sent le froid.

Mon esprit se demande

Si un jour je trouverai un moyen d’échapper

Au cauchemar d’être une fille.

Chers parents, ne me vendez pas.

Je ne suis pas d accord

Pourquoi l’excision ?

Dites non à cette pratique néfaste partout dans le monde.

Société civile, pourquoi as-tu choisis ce sort pour moi ?

Protège-moi.

Gouvernement, ne connais tu pas mes droits ?

Défend moi.

Car l’excision peut entrainer

Des fistules, de l’hémorragie, du tétanos et même du VIH Sida.

L’accouchement d’une fille non excisée est moins compliqué que celle qui est excisé.

Je veux rester tel que Dieu m’a fait

C’est-à-dire, une femme complète.

Je ne suis pas d accord

Pourquoi l’excision ?

Dites non à cette pratique néfaste partout dans le monde.

                                                                                           Edouard KEITA JAPF Mali

 

Avec son autorisation, ce beau texte d'une poétesse : Libertad...

Non à l'excision !!

Excision

Dans leurs vies, une intrusion

Ablation rituelle

Criminel !

Plus de sensations

Elles n'ont plus le droit à la passion

Tristes femmes

Qui ont perdu une partie de leur âme

Pourquoi existent encore ces rites ?

Qui n'ont plus de sens et s'effritent

J'aimerais leur dire

De ne plus avoir peur, et entendre leurs rires...

Voir leurs visages sourire

Elles ne doivent plus, ces atrocités, subir !!

De beaux poêmes sur l'excision

Deux poêmes écrits de Suisse : Cliquer sur :

http://www.e-solidarity.org/Poeme-excision.pdf

 

Cliquer aussi sur ce lien, un hommage à Katoucha N. :

https://www.de-plume-en-plume.fr/histoire/le-bourgeon-sacre

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