Le centre de Planning FPS de Liège

ACCOUCHER ICI QUAND ON VIENT D'AILLEURS

Prochaine session :

le vendredi 22 septembre 2017 de 10 h 30 à 12 h 30

Au planning FPS, rue des Carmes, 17 à 4000 LIEGE (1er Etage)

Inscriptions et renseignements : 04/223.13.73

ON RECRUTE !

Le centre de planning familial FPS de Liège – Réseau Solidaris engage un-e intervenant-e psychosocial-e, (assistant-e social-e, conseillère-er conjugal-e et familial-e, infirmier-e social-e) à temps plein (36h/semaine).

 Il s'agit d’un remplacement (congé maladie).

Le poste demande des compétences (formation et/ou expérience) dans le domaine de l’Education à la Vie Relationnelle Affective et Sexuelle (EVRAS).


Les missions liées à ce poste sont :

Réaliser des consultations d’accueil psychosocial et des consultations de suivi.

Réaliser des animations de groupe EVRAS auprès du public scolaire ou du public adulte tout venant.

Garantir la qualité de l’accueil du public.

Favoriser, avec l’équipe du centre de planning, une prise en charge pluridisciplinaire du public au sein du centre de planning et l’orientation au sein du réseau psycho-médico-social si nécessaire.

Soutenir la création de nouvelles activités à visée du public.

Assurer et être responsable de projets d’animations et d’actions conformes aux finalités du centre de planning familial.

Garantir un environnement logistique de qualité à ses activités.

Favoriser le travail de réseau et y représenter le centre de planning familial.

Participer à la promotion du centre de planning familial, des FPS, de la mutualité Solidaris et de son réseau de partenaires.

Ce poste exige :

-          d’être porteur-euse d’un diplôme de graduat/baccalauréat d’assistant-e social-e, conseiller-ère conjugal-e et familial-e, infirmier-ère social-e;

-          des compétences en accompagnement individuel et en animation de groupe sur les thématiques EVRAS ; une expérience en centre de planning familial et auprès du public migrant/primo-arrivant sont des atouts ;

-          des qualités d’écoute et de clarté d’expression (orale et écrite) ;

-          un sens aigu des responsabilités et de l'organisation ;

-          des capacités d’autonomie et de travail en équipe ;

-          des facultés d’adaptation et à résoudre des problèmes ;

-          une connaissance des réalités du secteur ;

-          une volonté de s'informer, de se remettre en question et de se former.

La fonction peut nécessiter des déplacements et des prestations en soirée, week-end et jours fériés.

Prise de fonction prévue : mi-octobre 2017

PASSEPORT APE DE 9 POINTS MINIMUM OBLIGATOIRE

Permis B obligatoire. Disposer d’un véhicule est une nécessité.

Date de l’épreuve écrite : 29/09/2017

Epreuve orale pour les personnes sélectionnées à l’issue de l’écrit : le 13/10 en matinée

Les candidatures sont recevables jusqu'au  22/09/2017 et sont à adresser à virginie.beckers@solidaris.be en indiquant « recrutement remplacement Liège Temps plein ».

 

 
 
 
 

Communiqué de presse du 3 juillet 2017

NEW ! Communiqué de presse – 03/07/2017

Les centres de planning familial n'ont pas à démontrer leur nécessité, elle se transparaît au travers de leurs activités. Les professionnel-le-s qui constituent leurs équipes forgent dans leurs échanges une expertise qui ne se trouve en aucun autre lieu.

Les centres de planning familial sont nés, il y a quarante ans, face à la détresse des femmes (et de certains hommes) et sont devenus, pour une part importante de la population, les interlocuteurs privilégiés en matière de santé reproductive et sexuelle. Ils forment un réseau où chacun a développé ses spécificités : accompagnement des femmes dans la démarche d'Interruption volontaire de grossesse (IVG) réalisée dans de bonnes conditions médicales et psychologiques, prévention et prise en charge des personnes concernées par les violences conjugales et sexuelles, public LGTB.... Le travail de fond de l'ensemble de ces équipes pluridisciplinaires (médecins, juristes, psychologues, sexologues, assistant-e-s sociales, conseillères-ers conjugales) reste l'EVRAS (Education à la Vie Relationnelle Affective et Sexuelle) et l'accès aux soins.

Notre pratique s'opère quotidiennement par des animations de groupe dans les écoles ou les associations auprès d'un public de tout âge et mixte, ainsi qu'au sein de nos structures au travers de consultations qu'elles soient médicales, psychologiques, sociales ou juridiques à l'attention d'un public majoritairement féminin. Le centre de planning familial est un des seuls lieux où chaque jour toute personne peut être reçue sans rendez-vous par un-e intervenant-e psychosocial-e dans les plus brefs délais. L'accueil psychosocial, pierre angulaire de nos centres, est un espace de dialogue et d'écoute dédié à toute préoccupation, mais également à des questions spécifiques telles que l'accompagnement d'un test de grossesse, la délivrance de la contraception gratuite pour les patientes en suivi et la délivrance de la contraception d'urgence.

Allons-nous accepter que ce travail de fourmi, mené de longue haleine, subisse, encore une fois, les attaques d'un Ministère zélé qui semble poursuivre sa voie d'un détricotage massif de ce qui existe et est nécessaire aux besoins de la population ?

Nous plaidons bien entendu, comme l'OMS, pour un accès le plus large possible à la contraception d'urgence que ce soit en termes de coût mais également de lieu car l'urgence des situations le nécessite.

Les centres de planning ne distribuent pas « la pilule du lendemain », ils la délivrent avec soin et professionnalisme depuis des années et aucune problématique médicale n'a été soulevée.

Il s'agit d'une mission centrale pour nos centres. Cette pratique est cadrée, réfléchie entre les médecins et les intervenant-e-s psychosocial-e-s et n'est pas envisagée comme un dispositif isolé, mais dans une optique globale de santé sexuelle et reproductive et surtout de libre choix éclairé pour la patiente. Dans un centre de planning familial, chaque femme peut venir évoquer ses craintes et être entendue. La patiente reçue évalue avec un-e expert-e le risque pris et entrevoit les solutions les plus adaptées à court et moyen terme tout en recevant une information juste et plus large (infections sexuellement transmissibles, suivi gynécologique) et la possibilité d'ouvrir d'autres portes : bien-être sexuel et affectif, contexte relationnel difficile, voire relations sexuelles non consenties... Dans nos centres, les femmes (et nombreuses se saisissent de l'opportunité) ont un accès facilité par l'anonymat et la gratuité. Un rendez-vous médical peut être pris dans les plus brefs délais. De plus nos collègues médecins restent accessibles pour les accueillant-e-s, même en dehors de leurs permanences, dès que leur avis est nécessaire.

Chaque situation est unique et chaque femme est considérée dans sa singularité. Pensez-vous que ceci soit accessible dans la file d'attente d'une officine ? Allons-nous devoir former nos collègues pharmacien-ne-s à nos pratiques ? Attendrons-nous une augmentation du nombre d'IVG pour réagir ?

Actuellement, la désinformation et le flou font rage, ce qui va à l'encontre de toutes les recommandations notamment de l'OMS qui met en lumière l'information et l'accessiblité comme des facteurs favorisant. Le travail de prévention réalisé est affaibli par la médiatisation des politiques qui ne nous entendent pas, nous, les acteurs-trices de terrain. Nos structures doivent d'urgence être réhabilitées dans leur mission et nous devons être soutenu-e-s dans l'information du public. Il en va de la santé des femmes et de leurs droits fondamentaux.

Face à la démagogie et l'autoritarisme, il ne nous reste que la désobéissance...

Quelques (rares !) centres de planning familial ont cédé et se sont compromis face à la menace et aux enjeux financiers. La seule « solution » trouvée et médiatisée par nos dirigeant-e-s en trois ans est celle du « bon pour une pilule du lendemain » à aller chercher en pharmacie suite à un entretien d'accueil psychosocial mené dans le centre. La solution a au moins le mérite de reconnaître la fonction prépondérante que les centres de planning familial assument.

Les centres concernés par ces méthodes reconnaissent qu'il ne s'agit en rien d'une bonne pratique mais bien d'un pis-aller ! Des « pertes » sont, en effet, dénombrées, certaines femmes n'arrivant jamais à bon port avec leur précieux bon.

Où sont-elles, madame la Ministre ? Dans nos centres IVG ?
En promenade au parc assumant une maternité non souhaitée ?
La santé et le devenir de la moitié de la population vous laissent-ils indifférente ?

Quand cela fonctionne, le bon arrive, après un petit parcours de la combattante, à la pharmacie, faut-il encore que le processus de prévention, bienveillant et constructif enclenché dans le centre de planning familial aboutisse en cohérence ? Nous connaissons tou-te-s des femmes qui se sont vues distribuer la pilule du lendemain avec remontrance ou en tout cas sans humanité dans certaines officines. Et pendant ce temps, le compteur tourne, pas d'assurance que le précieux comprimé soit pris dans les délais qui sont, pour rappel, très courts.

Nous, les centres de planning familial FPS de Liège et Spa, avons décidé de garder notre ligne de conduite, celle de la responsabilité à prendre en tant qu'actrice-eur d'un monde plus juste et égalitaire. Nous invitons tous les citoyen-ne-s à rejoindre les espaces qui existent pour ouvrir le dialogue et débattre mais surtout être entendu-e-s. Nous appelons les médias à favoriser l'information du public et à nous aider dans ce sens.

Nos structures sont héritières de combats menés, la transmission a eu lieu, les flambeaux ne sont pas éteints !

Virginie Beckers,
Responsable des Centres de Planning Familial de Liège et de Spa FPS – Réseau Solidaris
virginie.beckers@solidaris.be

http://associations-solidaris-liege.be/wp-content/uploads/2017/02/cpf-300x171.jpg

17, rue des Carmes
4000 Liège
Tél. : 04/223.13.73
Fax : 04/223.13.83
E-mail : cpf.liege@solidaris.be

17, rue du Waux-Hall
4900 Spa
Tél. : 087/77.50.58
Fax : 087/77.16.97
E-mail : cpf.spa@solidaris.be

Un partenaire de longue date... Le centre de planning familial FPS de Liège

Le centre de planning FPS de Liège développe un projet spécifique de prise en charge et de prévention à la problématique des Mutilations Génitales Féminines.

Il propose :

  • Des consultations sociales ;
  • Des consultations gynécologiques (également suivi de grossesse) ;
  • Un soutien et un accompagnement psychologique (individuel ou en couple) gratuit ;
  • Des consultations juridiques ;
  • Des animations de sensibilisation à l'attention du public concerné et tout venant, mais aussi à l'attention des professionnels.
  • Une permanence spécifique tous les jeudis matin au CHR de la Citadelle.
  • Des ateliers «  Accoucher ici quand on vient d’ailleurs » menés par une sage-femme et une intervenante psycho-sociale.

Le Centre fait partie des Stratégies Concertées MGF et plus particulièrement du Comité de Concertation  Opérationnel.

L'adresse du planning FPS : Rue des Carmes 17 à 4000 LIEGE

Téléphone : 04/223.13.73

La page MGF du site FPS : http://www.solidaris-liege.be/fps/centre-de-planning-familial/projet-mgf.html

 

L'équipe du planning FPS auprès du CLMGF :

P8230441

Gaëlle LECHANTEUR, assistante sociale et Céline LIURNO, psychologue, au stand FPS du Solidaris Day 2015

 

Logo centredeplanningfamili

Avec le CLMGF le 2 février 2017 à la Cité-Miroir

« Ce jeudi 02/02, à l’occasion de la journée tolérance zéro contre les MGF, le Collectif Liégeois de Lutte contre les Mutilations Génitales Féminines organisait un ciné-débat à la Cité Miroir (Liège). En tant que membre du collectif, nous avons participé à la soirée.

Durant le débat, deux intervenantes du Centre de Planning des FPS de Liège étaient aux côtés de Chris Paulis (Docteur en anthropologie à l’ULG), Camille Sarret, la réalisatrice du film « la forêt Sacrée », Samia Youssouf (Gam’s) ainsi que Jeanne-Marie Delvaux en tant que cheffe d’orchestre.

Une très belle soirée qui a été l’occasion pour nous de présenter notre nouveau dépliant destiné aux femmes concernées par les MGF. Cet évènement nous a également permis de présenter nos nouvelles collègues, Nathalie Singh, assistante sociale et Laetitia Di Bartoloméo, psychologue. De belles énergies pour mener notre projet d’accueil et de prise en charge des personnes concernées par les MGF ! »

En cliquant sur ce lien, vous découvrirez notre nouveau dépliant que vous pouvez télécharger et diffuser.

Ce dépliant sera aussi disponible le mercredi 15 mars 2017 à 19 h 30, à la Maison de la Laïcité de Visé (Rue des Béguines, 7) dans le cadre d'une conférence de présentation des MGF où il y aura une intervenante du planning FPS de Liège en plus de Chris Paulis, Jacques Chevalier et une intervenante du GAMS

Pour information et commande, vous pouvez adresser un mail à gaelle.lechanteur@solidaris.be ou Cpf.liege@solidaris.be

Le 23 septembre 2011 à la "Maison des Femmes " de la FPS à Liège

C'était le 23 septembre 2011 à la Maison des Femmes de la FPS, rue Magis à 4020 Liège, nous y avions conduit notre amie Diaryatou Bah, jeune auteure du livre "On m'a volé mon enfance".

Ici à gauche en vidéo : quelques instants volés de cette sympathique réunion par Jacques Chevalier, coordinateur du CLMGF.

Un article sur le site des Statégies Concertées - MGF

Témoignage d’un Planning familial engagé contre les MGF

Entretien avec Gaëlle Lechanteur et Céline Liurno, deux intervenantes d’un planning familial engagé dans la lutte contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF)

Depuis de nombreuses années, le Centre de Planning Familial des FPS de Liège accueille des femmes concernées par les MGF. De la rencontre avec les femmes aux besoins parfois spécifiques (et parfois pas tant que ça !) est née l’envie de mettre en œuvre une approche pluridisciplinaire et structurée tant au niveau de la prise en charge que de la prévention des MGF. Le duo d’intervenantes formé par Gaëlle Lechanteur, assistante sociale, et Céline Liurno, psychologue et sexologue clinicienne, toutes deux accueillantes psycho-sociales et animatrices au sein de l’équipe, gère ce projet avec dynamisme.

Pourquoi un projet spécifique sur la prise en charge et la prévention des MGF dans votre centre de planning familial ?

Gaëlle : «  La présence du Dr Kaluanga, gynécologue obstétricien au sein de notre Centre, amène depuis des années une patientèle majoritairement africaine. C’est ainsi que petit à petit, suite aux flux migratoires, nous avons été amenés à recevoir des dames concernées par l’excision. »

Céline : « En effet, ce projet répond clairement à une réalité de terrain face à laquelle l’équipe n’est pas restée insensible. La nécessité de proposer un accueil et des services adéquats à ces femmes, ces couples, ces familles aux prise avec les MGF s’est fait sentir et un projet est né. Aujourd’hui, Gaëlle et moi sommes les heureuses héritières de ce projet et nous travaillons quotidiennement à son développement. »

Quelle est la spécificité d’un tel projet au sein d’un centre de planning familial ?

Céline : « La spécificité réside dans le fait que nous sommes avant tout des intervenantes de planning passionnées et convaincues par la nécessité de notre travail. Ce projet s’implante précisément dans les 4 axes de travail d’un centre de planning familial. En premier lieu, il y a l’accueil psycho-social sans rendez-vous : les personnes peuvent se présenter et elles seront toujours reçues, écoutées et orientées si nécessaire ; soit en interne, soit dans d’autres services. Ensuite, nous proposons des consultations sur rendez-vous. Certaines sont gratuites comme les consultations sociales et juridiques. D’autres sont payantes comme les consultations gynécologiques et psychologiques. Dans notre institution, l’accessibilité aux soins et à la santé sexuelle et reproductive est une priorité et l’argent ne doit jamais être un frein à la prise en charge ; dans certains cas qui le nécessitent, nous pratiquons un tarif adapté voire la gratuité . Grâce aux subsides octroyés pour ce projet de prise en charge et de prévention des mutilations génitales féminines, nous avons d’ailleurs fait le choix de donner aux femmes et familles concernées un accès gratuit aux consultations psychologiques et sexologiques que j’assure. Enfin, la prévention et la sensibilisation font partie de nos missions et cela se concrétise par les animations d’éducation à la vie relationnelle affective et sexuelle (EVRAS) que nous menons auprès d’un public scolaire mais également de femmes adultes issues de l’immigration. »

Gaëlle : « De plus, les thématiques avec lesquelles nous travaillons sont précisément la vie relationnelle, affective et sexuelle. De ce fait, traiter de l’excision avec les personnes concernées nous semblait être un impératif. L’excision, par son atteinte à la santé des femmes et en tant que violence genrée rencontre parfaitement l’expertise des centres de planning familial et de notre centre en particulier. »

Concrètement, quels sont vos rôles spécifiques à travers ce projet ?

Gaëlle : « Pour ma part, je propose un accompagnement social. Celui-ci se traduit de différentes manières : suivi social régulier, accompagnement dans les démarches sociales (soutien au niveau de la procédure d’asile, recherche d’hébergement, recherche et prise de contact avec des services spécialisés, Aide Médicale Urgente, colis alimentaires, vêtements..). Mais surtout l’ECOUTE des besoins, du parcours bien souvent douloureux, de la détresse, de la peur et des espoirs parfois déçus… J’offre avant tout un espace de paroles.

Dans ma pratique au Planning, il n’est pas rare que je rencontre des femmes n’ayant plus aucune ressource (ex : ordre de quitter le territoire). Parfois enceintes, ces mamans sont à la recherche d’un toit pour dormir, de nourriture, de vêtements, d’un peu de sécurité dans un monde qui leur est inconnu. Nous n’avons bien évidemment pas de remèdes contre des décisions et des situations qui nous apparaissent bien souvent inhumaines, mais nous cherchons avec elles des solutions concrètes et solidaires. Parfois, il faut bien avouer que c’est un peu « la débrouille »…  De plus, une fois par mois, avec une sage-femme du CHR de la Citadelle,  je co-anime un atelier s’intitulant « accoucher ici quand on vient d’ailleurs ». Cet atelier est proposé entre autre aux femmes enceintes concernées par la pratique de l’excision.

Enfin, travaillant en équipe pluridisciplinaire, il est important de faire le lien entre les différent-e-s professionnel-le-s et le réseau afin d’avoir divers éclairages sur une même situation. »

Céline : « Quant à moi, de par ma formation, j’assure les consultations psychologiques et sexologiques. J’ai également une permanence de consultations d’accueil psychosocial décentralisée tous les jeudis matin au sein du service de gynécologie du CHR de la Citadelle de Liège où les différent-e-s professionnel-le-s peuvent m’orienter les patientes concernées par l’excision. Je suis présente notamment dans les salles de maternité en soutien au personnel soignant quant à l’identification et à l’orientation des situations. Nous pensons que le moment de la grossesse et de l’accouchement sont des instants clés pour aborder l’excision, à la fois pour ouvrir sur une prise en charge adaptée lorsqu’elle est nécessaire, mais également pour soutenir et outiller les parents qui souhaitent protéger leur(s) fille(s). »

Gaëlle : « Pour ce qui est des pratiques communes, nous réalisions des animations spécifiques sur le thème de l’excision et des sensibilisations à destination des futur-e-s professionnel-le-s et des professionnel-le-s (Hôpital, Maison médicale…). Nous mettons également l’accent sur le travail de réseau. Enfin, nous faisons partie du Comité de Concertation Opérationnel des Stratégies Concertées de lutte contre les MGF et du Collectif Liégeois contre les MGF.  »

Céline : «Une part importante de notre travail est également de collaborer avec le Dr. Kaluanga lors de sa permanence médicale tous les mardis et un vendredi par mois au centre de planning familial. On y reçoit beaucoup de dames concernées par l’excision et nous organisons leur accueil et le suivi de leur dossier en fonction des situations. Puisque le Dr. Kaluanga est obstétricien, cette permanence médicale se distingue en autre par les suivis de grossesse auxquels nous portons une attention toute particulière. Au préalable de l’examen médical des petites filles non-excisées, nous réalisons un accueil conjoint avec leurs mamans… »

Comment avez-vous été sensibilisées à la thématique des MGF ?

Gaëlle : « Pour ma part, c’est en 2009 avec le film ‘Fleur du Désert’ que j’ai été confrontée pour la première fois à la problématique des MGF. Ce film m’a bouleversée, touchée et émue. « Mais pourquoi ? » Je voulais comprendre les raisons et le sens de cette tradition. De plus, grâce à un professeur d’un cours de « Sexualité et Famille », j’ai pu m’y intéresser de plus près durant mes études d’assistante sociale. »

Céline : « Je me souviens de la première fois que l’on m’a expliqué ce qu’était l’excision. J’étais une jeune adolescente et ça m’a profondément marquée. Puis à l’instar de Gaëlle, j’ai vu ce film ‘Fleur du désert’ lorsque j’étais un peu plus âgée et ça a ajouté à l’horreur que je ressentais vis-à-vis de cette pratique. Au fils du temps j’ai pu dépasser ce ressenti d’indignation afin d’aller à la rencontre des femmes. En effet, c’est lors de mes études, que, de plus en plus passionnée par la clinique interculturelle, je me suis saisie de la thématique. J’ai eu envie de travailler dans ce domaine et je suis très heureuse que ça se soit concrétisé. »

Quel est le profil des femmes concernées qui se rendent au Planning Familial ?

Gaëlle : « Les femmes que nous rencontrons sont essentiellement originaires de Guinée, de Djibouti et de la Somalie. Elles sont généralement en procédure d’asile (première ou multiple), viennent seules ou dans le but de protéger leur(s) fille(s) de l’excision. Le premier motif de leur venue au centre de Planning familial peut être le certificat d’excision ou de non-excision demandé par le CGRA (Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides) dans le cadre de la procédure. Nous rencontrons, donc, un public primo-arrivant, ne parlant pas toujours français ce qui nécessite de travailler avec des interprètes. L’antenne Liégeoise du GAMS faisant partie de nos collaborations privilégiées, nous n’hésitons pas à faire appel aux animatrices et relais communautaires lorsque nous pressentons que cela peut faciliter, au-delà de la langue, le lien avec les femmes.

Si la première demande reste essentiellement médicale ( douleurs, complications,  demande de désinfibulation…), une demande d’accompagnement psychologique et/ou social peut émerger au fil du temps. Nous privilégions une prise en charge pluridisciplinaire pour ces patientes… Notre équipe favorise l’écoute. Pour nous, chaque situation est unique et toute femme doit être rencontrée là où elle est avec un accompagnement ‘sur mesure’ pour chacune. »

Céline : « Nous sommes notamment confrontées à deux types de situations très spécifiques : les demandes de désinfibulation et, ce qu’on appelle « les suivis CGRA ». Afin de répondre aux besoins nous développons des protocoles de prise en charge spécifiques qui impliquent l’équipe pluridisciplinaire. Lorsqu’il s’agit d’une demande de désinfibulation, je vérifie si la dame est effectivement porteuse de la demande et avec quels motifs, quels espoirs. Nous préparons ensuite ce changement irrémédiable aux yeux de la loi belge, puisqu’il est interdit de réinfibuler sur notre territoire. C’est pourquoi un délai de réflexion est toujours indiqué, ainsi que des consultations psychologiques pré et post-opératoires.

En ce qui concerne les ‘suivis CGRA’, je rencontre des mères, souvent seules, que je vois une fois par an, lorsqu’elles viennent chercher le certificat médical prouvant que leur(s) fille(s) n’est /ne sont pas excisée(s). En effet, dans ces cas l’obtention du statut de réfugié est tributaire de la protection des petites filles intactes. Ces situations sont particulières car, à priori, une petite fille n’est pas sensée consulter un-e gynécologue. Il est donc important de veiller au vécu de ces enfants et de leur(s) parent(s). Souvent, notre rôle se situe au niveau d’un soutien à la mise en mot d’un discours adapté à la maturité de l’enfant dans le lien et la transmission mère-fille. »

Qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué dans votre travail ?

Gaëlle : « Durant les premiers entretiens d’accueil, j’ai été fortement marquée par le parcours de vie de ces dames et plus précisément par l’ampleur des violences subies dans le pays d’origine et durant le parcours migratoire. J’ai remarqué qu’au-delà de l’excision, ces femmes avaient vécu d’autres violences comme le mariage forcé, le viol…
Durant le travail de sensibilisation, j’ai pu constater la méconnaissance voire l’ignorance de cette problématique au sein du grand public. Sachant que Liège représente la troisième ville la plus concernée par le nombre de femmes excisées en Belgique, je pense que le travail d’information et de sensibilisation des acteurs concernés doit se poursuivre et s’élargir dans les années à venir. »

Céline : « Tout d’abord, je fais le même constat que Gaëlle, la violence inouïe qui caractérise souvent le parcours de vie de ces femmes est saisissante. J’admire vraiment leur courage et leur détermination à réagir, à refuser cette maltraitance, pour elles et pour leurs filles.

Aussi, c’est à travers la rencontre avec les patientes que j’ai découvert à quel point le parcours migratoire, la demande d’asile et toutes les autres procédures attenantes sont une violence en soi qui marque profondément ces personnes. Je suis toujours en train de prendre la mesure de ce phénomène sur la santé mentale. »

LE 3 OCTOBRE 2016 (p/info)

Affiche journee d etude 03 10 2016 page 001

Le PROJET MGF

Du centre Solidaris FPS de Liège

Clic sur

https://www.solidaris-liege.be/fps/centre-de-planning-familial/projet-mgf.html

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