Femmes Survivantes

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Un texte écrit ce mardi 6 mars 2018 par Monica Weissel

Aujourd'hui mon témoignage est collectif : je parle au nom des centaines, des miliers de femmes désespérées, déçues . Elles se rendent compte qu’on tourne en rond dans le diagnostic sans aller vers aucune véritable solution , que les services se rejettent la balle.
Elles sont en train de perdre leurs enfants et personne n'aide ni accompagne vraiment, elles n'ont aucun soutien. Les femmes se trouvent donc marginalisées, humiliées pendant des vies entières, sans un sou pour un simple déplacement.
Alors, qu'est ce que la vraie solidarité ? Un petit appel à Noël, un repas ensemble un soir, offrir une carte de recharge téléphonique, acheter une œuvre artistique, proposer de ramener un cadeau de leur pays d'origine ?  Mais non, on ne mélange surtout pas vies professionnelle et personnelle, et créer une sororité face aux violences patriarcales devient impossible.... Où est notre humanité si nous n'avons pas un simple geste tel que prendre des nouvelles d'une dame qui est en pleine démarche judiciaire, ou d'un adolescent qui a survécu au féminicide de sa maman ? 
Ou peut-être le but est-il d'entretenir une certaine hiérarchie ? Garder une partie de la population en position de tristesse, misérable, avec des jobs précaires dans les soins ou le nettoyage ? 
Notre collectif , constitué par des femmes et des enfants aujourd'hui adultes, tous professionnels ou étudiants , tous survivants des violences institutionnelles..... :
Dérange beaucoup !. 
Comme tout vrai féminisme, le radical, le quel est si habituellement dénigré, mal compris et ignoré. On dérange et on ressent le mépris et même la concurrence. !! fait peur ? Pas assez de place pour toutes ? Je me demande sincèrement à quoi bon s'engager à sauver les femmes si après on nous regarde de travers ? De façon paternaliste et en nous infantilisant, avec souvent une approche colonialiste, avec des préjugès.. 
On dérange car nous avons compris la complicité de certaines à l'égard du patriarcat. Et parce que notre positionnement, épaulé au niveau mondial, dérange.

On dérange parce que nous avons survécu malgré l'abandon presque total de l'Etat , parce que nous sommes outillés, cultivés, et parce que nous avons les connaissances et les mots pour critiquer. 
Notre collectif est né du à l'absence administrative, et à la frustration de se voir entourés par des campagnes vides, et l'étouffement des violences locales par une visibilité flagrante des violences dites culturelles, des pays étrangèrs. À croire qu'il ne se passe rien.
Il faudra ecouter les corps des femmes, les corps blessés, tués... elles se défendent même mortes , mais on fait des économies en réduisant le taux d’autopsies.

Nous, nous embrassons les femmes, nous ne les étudions pas avec une loupe. 
On ne profite pas de leurs souffrances, nous ne les traitons pas comme un fond de commerce.

Nous accompagnons les enfants survivants, et aujourdhui adultes, ils exigent d'être entendus et priss au serieux ! Leur apport est indispensable et prend une place importante dans le documentaire que nous réalisons actuellement.
Nous sommes des survivantes avec des solutions . Nous proposons Survivantes en Mauve, accompagnement dans la reconstruction avec une perspective de genre, le seul moyen vers une vraie émancipation! Nous proposons des sensibilisations auprès d' équipes médicales, étudiants universitaires en communication, journalisme, droit, psychologie
Sensibilisations auprès des services de première et deuxième ligne.
Nous insistons sur l'importance de la sensibilisation et la prise de responsabilité sociétale, l'Etat inclus .
Avec chacune des Survivantes nous développons des projets consacrés à leur potentiel et leurs passions , l’art comme dénonciation et résistance. A travers chacun de nos projets d'empowerment
On donne de l'importance aux séquelles dues aux agressions physiques, sexuelles, aux symptômes post traumatiques après une situation de violence, on transforme cette douleur aliénante et dévastatrice en une force positive de revendication et implication.
connaître nos droits comme façon de récupérer notre cityonneté est une base plus qu'importante.
La participation active aux solutions qu'on propose est la clé pour l'empowerment.

Avec l'ong Siempre, on dévéloppe un outil pour la bonne application de la Convention d'Istanbul, nommé "Taxonomie de la violence".

Et en parlant de la convention, pendant mes études en Espagne, entre 2013 et 2016, personne en Belgique ne connaissait cette convention, et personne ne semblait s'y interesser !
Dans differents pays du monde il existe des associations des juges activistes, des professionnelles de tous les milieux qui sont engagés tous les jours, même les dimanches, car eux aussi sont des être humains.
Ici il y a beaucoup trop d' associations qui insistent que la violence conjugale n'est pas une violence institutionnelle, et qui incitent à maintenir ce terrorisme d'état dans la sphère privée !

Et Attention, grande alerte ! Ce sont les mêmes qui parlent 'd'enfant priorité' .. qu'est ce que ça veut dire ? Que l'on entretient la double victimisation des femmes, la double peine ? 
Que l'on accepte les diverses violences envers les femmes, telles que  l'utilisation du faux sap, les placements abusifs (trop courant en cas des plaintes pour violences conjugales), les accords entre avocats, gardes alternées forcées avec les agresseurs ! Désenfantement !
Mais Silence, personne ne parle de tout ça, pourquoi ? Si protéger nos enfants n'est pas un délit !
D'ailleurs, notre collectif soutient la marche contre le désenfantement qui a lieu le courant mois... Corinne travers la France pour interpeller les autorités à réagir contre cette violence extrême contre les enfants et les femmes qui est celle de les arracher de leurs mamans !!!

Je vais etre claire et nette, on dirait qu'on ne veut pas que les femmes survivantes s'en sortent vraiment, nous sommes toutes dans la précarité et la marginalisation, comme des pestes. Faut-il prouver qu'on peut 's'en sortir'... vraiment ? Faut-il prouver qu'on le mérite ? Ou faut-il plutôt travailler le problème depuis sa racine, ses structures rétrogrades et classistes.

Dans l''engagement social il faut savoir se remettre en question. Il faut créer des moyens alternatifs économiques pour pouvoir réfléchir et agir de façon autonome.
Créer des vrais réseaux solidaires, AVEC les victimes et non pas en leur fermant la porte à 16heures pile !
Mis à part quelques intervenantes bienveillantes, qui ont peur de perdre leurs jobs car elles sont considérées comme étant trop humaines, et pourtant c'est la qualité la plus apprecié par les dames qui sont en difficulté !
Le 'côté humain', l'empathie !

Trop parmi les victimes ne voient que de la fumée, des caisses des flyers abandonés par terre pendant une manif , leurs phrases sur des tissus jettés dans les poubelles. 
Une inquiétude extraordinaire pour ce qui implique le harcelement de rue, mais chutt, silence, on ne parle pas des mamans désenfantées, des enfants traumatisés par ce terrorisme patriarcal ! 
Oui, nous sommes révoltés, et cela veut dire que nous sommes dans l'amour, l'amour à la vie !

Un enfant survivant m'a dit : on laisse des enfants et mamans à la dérive.
L'indifférence envers les femmes et les enfants traumatises est une forme de non-assistance à personne en danger.

Nous sommes constamment confrontées à une  déresponsabilisation généralisée, comme si la faute était aux agresseurs pour avoir fait usage du pouvoir que l'on octroie ; ou aux femmes d'avoir cru à l'amour romanqtique qu'on nous vend et d'avoir mal choisi leur mari ; ou pour ne pas avoir pris le bon cours d'auto défense, comme si cela allait régler le problème (quand l'auto défense n'est qu'un petit volet dans le chemin de l'empowerment, l'émancipation !) 
Nous sommes confrontées à des intervenantes qui se plaignent d'étre débordées... quand en ayant des revenus stables et 2 mois des vacances par an et se plaindre devant des femmes qui ont perdu leurs enfants, leurs maisons, des décennies dans des spirales administratives … c'est vraiment.. effrayant !

Toute personne liée à la santé, le personnel des services de premier ou 2eme ligne, devraient être suivie, se faire superviser au moins une fois par semaine.
Les violences faites aux femmes et aux enfants nuisent directement ou indirectement la santé mentale de TOUS.

Mais, nos critiques sont constructives, car les solutions nous les trouvons toutes ensemble, les inclus dans leurs espaces d'inclus à huis clos ne vont jamais trouver des solutions pour les exclus, jamais.

Ne laissons pas le féminime libéral prendre toute la place, parlons patriarcat , changeons complètement ce 'système d'aide' qui ne fonctionne pas du tout, la situation va de pire en pire et les programmes masculinistes s'installent avec plus de force.

Je cite "The Gender Knot, Unraveling Our Patriarchal Legacy" traduit par la journaliste Francine Sporenda. 
Le problème fondamental avec le féminisme libéral (et avec le libéralisme en général), c'est que son intense concentration sur l'individu occulte le pouvoir des systèmes sociaux sur les individus.
En ignorant la réalité politique du patriarcat, le féminisme libéral fait du privilège masculin un problème individuel sans rapport direct avec les systèmes plus vastes qui le promeuvent et le protègent. 
Il dit aux femmes qu'elles doivent chercher la solution aux inégalités qu'elles subissent en négociant avec les hommes, mais cette négociation se fait en position de faiblesse: il s'agit de convaincre les hommes de renoncer à leur privilège masculin--juste parce que c'est la chose morale à faire
Il trivialise le privilège masculin et l'oppression des femmes en les présentant comme une simple question de mauvaises habitudes, d'ignorance et de préjugés
Les comportements sexistes sont discutés hors de leur contexte social, comme s'ils étaient seulement la conséquence d'une mauvaise éducation, à laquelle il faudrait remédier par une bonne éducation à l'école et à la maison. Mais la socialisation et l'éducation sont des mécanismes sociaux qui servent de bien plus vastes intérêts patriarcaux, comme la perpétuation du privilège masculin et des institutions sociales .
Nous exigeons, à travers nos témoignages et nos propositions de mettre en place des vraies programmes , et un vrai chemin vers la réparation, guérison, reconnaissance, et justice.

Je clôture avec des messages, de la part des mamans désenfantées, et d'un enfant survivant du féminicide de sa maman.
je cite :
Tout le système de justice est à revoir, nos enfants n'ont pas à payer et nous les femmes n'avons pas à payer ce double prix de la continuité de la violence de ces pervers via la justice et le placement de nos enfants. Ou est la tolérance zéro de violence prônée ? On veut du concret et de la reconnaissance !

Je n'arrive pas à comprendre comment des psychiatres et assistantes sociales, qui sont sensés aider les personnes en difficulté, les réduisent à zéro, car l'on ne m'a pas dit officiellement et en face pourquoi il me font ça, qu'ai-je fait à part aimer mes enfants pour être insultée et mise à l' écart d'un complot contre MOI.

Ent ant que fils de victime directe, je voudrais pointer le manque de suivi des survivantes. Ce n'est certainement pas grâce à l'état belge , certainement pas grâce à la police ni à l'aide aux victimes que je me suis sortie. En manquant de considération envers les survivantes ils creent des opposants. On se sent laissés à l'écart de tout. À l'avenir il faudrait mettre en place des cellules plus compétentes, plus cohérentes dans le suivi des victimes et des survivantes.

On vous invite à faire partie du mouvement PAS UNE MOINS, NI UNA DE MENOS vous le trouverez sur notre site. MERCI
Demandes, reccomandations concrêtes :
en tant que personnel de la santé, services de premier ou 2eme ligne, allez voir une psy, faites des supervisions régulières, 
Les violences faites aux femmes et aux enfants nuisent directement ou indirectement à la santé mentale de TOUS

SORORITé comme base la plus vitale pour s'en sortir, le partage des vécus similaires, si Je suis ici aujourd'hui c'est grâce à mes sœurs, JE SUIS car NOUS SOMMES TOUTES !.

Photos prises le 4 mars 2018 à Liège au rassemblement citoyen "hommage à Oumou et aux victimes des violences conjugales"

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Commentaires (1)

Ana Valenzuela
  • 1. Ana Valenzuela | 06/03/2018
Merci Monica pour faire visible ce que la societé et l'éta belge ne veulent pas visibiliser, même regarder, on dirait la pedagogie de la crueltée que cache les vies de femme survivantes et de feminicides. Surtout parce que on critique là-bás loin d'ici pour pas réviser les granes fautes de la prévention, intervention et de l'érradication de la violence. LES femmes en Belgique souffrent avec les désitions de jurisprudence liées aux enfants, l'intervention de psychologues et d'assistants sociaux vraiement comme tu fais la description. Chaque partie de l'écuation de la violence a une charge d'indiference, merci pour écrire, pour parler, pour accompagner et surtout pour ètre une femme migrante en Blegique qui aide tellment aux femmes.

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