Le texte fondateur du CLMGF

Adopté le 15/01/2008

Les mutilations génitales féminines sont des actes d’une violence inouïe perpétrés sur les femmes.  Ces actes d’excision, d'ablation des petites et/ou grandes lèvres, d'infibulation sont interdits par la législation belge car ils vont à l’encontre des droits fondamentaux de la femme et portent gravement et irrémédiablement atteinte  à leur santé et à leur intégrité tant physique que psychique tout au long de leur vie. 

Une condamnation des plus catégoriques de ces pratiques est nécessaire dans le cadre des réglementations nationale et internationale de protection de l’enfance. 

De nombreuses institutions internationales telles que les Nations unies ou l’Union européenne exigent des Etats membres qu’ils prennent des mesures appropriées pour modifier ou abolir les règles, coutumes et pratiques existantes qui constituent une violation des droits humains et une discrimination à l’égard des femmes. Certaines actions légales ont d’ailleurs déjà été entreprises à l’étranger concernant les mutilations génitales féminines :

— différents gouvernements d’Afrique et d’ailleurs ont déjà pris certaines mesures afin d’éradiquer les pratiques de mutilations génitales féminines dans leur pays. Ces mesures vont de la loi d’interdiction à des programmes de prévention ou d’éducation;
— huit pays industrialisés (Australie, Belgique, Canada, Nouvelle-Zélande, Norvège, Suède, Royaume-Uni et Etats-Unis), ont déjà adopté des lois criminalisant la pratique.
— en France, il n’y a pas de législation spécifique, mais un certain nombre de ces pratiques sont condamnées dans le Code pénal;
— des programmes de prévention et d’éducation à ce sujet ont été mis en place par de nombreux gouvernements.

Nombre de femmes vivant en Belgique ont été victimes de mutilations génitales dans leur pays d’origine (2745 cas en Belgique en 2007, sans compter les femmes en situation irrégulière);
Malgré les interdictions et les sanctions, des petites filles vivant et généralement nées en Belgique sont toujours victimes de ces actes issus de traditions ancestrales mais intolérables aujourd’hui (534 fillettes et jeunes filles en danger en Belgique). 
La prise en compte des risques encourus par les femmes et les fillettes sans papiers expulsées de Belgique vers des pays où ces pratiques leur seront imposées, doit être explicitement posée comme motif de non expulsion.  
De nombreuses de ces femmes, adolescentes et fillettes vivent dans des centres d’accueil dont le personnel d’encadrement ignore les contraintes de soins qui sont nécessaires lorsqu’elles ont subi ces mutilations et qu’elles souffrent alors d’infections graves ;
Dans les hôpitaux et services gynécologiques le traitement de ces mutilations est souvent méconnu et qu’aucune formation n’est intégrée dans le processus de formation de futurs(es) gynécologues ;
Les sujets ayant trait à la sexualité et à l’intimité des fillettes et femmes concernées, sont et restent tabous lors des visites médicales préventives dans le cadre de l’ONE ou dans le suivi psycho-médico-social scolaire.  Elles ne sont donc pas détectées et aidées.  
La question des normes culturelles est également au centre de ce  débat difficile. Les mutilations génitales sont des actes qui prennent place au sein de la cellule familiale en conformité avec des pratiques ancestrales.  
Enfin, le monde judiciaire et l’Office des Etrangers n’ont qu’une très vague idée du traumatisme que les MGF représentent ainsi que leurs implications dans la vie quotidienne des femmes. 


Un collectif  liégeois pour faire quoi ? 
La plateforme est constituée d’associations, d’organisations et de personnes à titre individuel préoccupées par la problématique de la lutte contre les MGF.  Chacun-ne apporte ses compétences et sa disponibilité.  
Le collectif Liégeois de lutte contre les mutilations génitales féminines a pour objectifs

· De soutenir les femmes et les hommes qui luttent contre ce phénomène. 
· De donner une visibilité à la problématique des MGF en informant et en sensibilisant  à l’échelle de Liège la population à ce sujet.
· De prévenir de nouvelles mutilations ainsi que de provoquer une prise de conscience chez les personnes qui côtoient, encadrent des fillettes et des femmes mutilées. 
· de rassembler l’information juridique susceptible d’œuvrer à la lutte contre les mutilations génitales (droits, devoirs, ..)  
· de stimuler la recherche afin de mieux connaître le phénomène et d’y apporter des solutions. 

Actions

Le premier projet consiste en la diffusion d’un questionnaire très simple, adressé à tous afin d’attirer l’attention sur une problématique largement méconnue.  
La question serait «  une mutilation génitale, pour moi, c’est… ».  Libre à chacun-e de répondre ce que lui inspire cette phrase.  Les réponses seraient récoltées via une distribution la plus large possible dans les plannings familiaux, les associations féminines, féministes et toute association –institution susceptible d’être intéressée par la démarche.  Cela demandera de la part du groupe un investissement en temps pour visiter le plus de lieux possibles pour soumettre le questionnaire. 

Une fois récoltés, les questionnaires seront dépouillés afin de dresser un état des lieux.  

Calendrier 

Le 6 février 2008,  journée internationale de la lutte contre les mutilations génitales, le collectif liégeois lancera la campagne telle qu’annoncée ci-dessus tout en marquant la journée par de multiples activités destinées à sensibiliser à la lutte contre les MGF.

Adopté le 15/01/2008.

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